Vague de chaleur, océan d’inaction

Comme chaque été, la canicule frappe. Les vagues caniculaires se font de plus en plus régulières, plus longues, et avec des températures toujours plus élevées chaque été. Aucun ralentissement des vagues de chaleur en vue puisque dans le même temps, il faut continuer à produire plus, polluer plus, au seul bénéfice des capitalistes !

Le capitalisme est un système économique mortifère qui joue un rôle essentiel dans l’accélération du dérèglement climatique. Son fonctionnement est nécessairement prédateur et détruit nos terres, nos corps et pille nos ressources pour les accumuler pour maintenir sa logique productiviste.

Les personnes qui subissent de plein fouet cette situation climatique sont toujours les mêmes : travailleurs et travailleuses précaires, personnes handicapé·es, personnes racisé·es, sans même parler des EHPAD ou des prisons. Les conditions de travail dégradées par les fortes chaleurs n’évoluent clairement pas assez vite pour s’adapter aux besoins des travailleurs et travailleuses, et ce sont là encore les plus exposé·es qui souffrent : sans-papiers dans le BTP, femmes précaires dans les services publics… Chaque année nous comptons nos mort·es. En 2025, la chaleur avait tué 5700 personnes. Le bilan de 2026 sera assurément alourdi par l’enchainement des canicules.

Les passoires thermiques, glaciaires l’hiver et fournaises l’été, ne sont toujours pas prioritaires pour l’État qui préfère financer des missiles plutôt que rénover nos logements. Les contraintes réglementaires s’assouplissent pour les propriétaires qui mettent leur patrimoine en location. Les établissements scolaires sont toujours dans l’attente d’équipements pour rafraîchir les jeunes, les hôpitaux accueillent de manière indigne travailleuses et patient·es. Mais face à l’urgence climatique, nous ne constatons que de l’inaction des gouvernements successifs : baisse du Fonds vert et des rénovations de logements.

Face à l’inaction climatique de l’État, nous avons perdu trop de temps et dépassé trop de limites. Nous n’avons maintenant plus le choix : : il faut « s’adapter ». Mais comme toujours, nous ne sommes pas à égalité devant cette adaptation.

Quand des jeunes d’un quartier populaire décident d’ouvrir des bouches à incendie pour avoir accès à un peu de fraîcheur, c’est la répression sur fond de racisme qui les frappe. Mais quelle solution existe-t-il quand les températures intérieures des logements sont invivables, quand l’interdiction de poser des climatiseurs dans les logements sociaux est la règle, et que les espaces ombragés et les lieux de baignades sont quasi inexistants face aux artificialisations et à la bétonisation ? Comment justifier de nous priver d’eau pour la réserver à l’agriculture intensive, aux piscines privées, aux terrains de golfs et aux datas centers ?

Chaque jour nous ne pouvons que constater un peu plus que les objectifs des Accords de Paris ne seront pas atteints. Rien de surprenant, les grandes réunions entre capitalistes et gouvernements ne servent qu’à défendre leurs intérêts, ceux de la bourgeoisie, opposés aux nôtres. Alors que les canicules deviennent la norme et le chaos climatique notre quotidien, il devient vital de penser la fin du capitalisme avant la fin du monde.

Et si en fait la seule alternative vivable était une révolution communiste libertaire ? C’est uniquement par l’action collective auto-organisée que nous pourrons arriver à une rupture avec le capitalisme, pour trouver des solutions adaptées à ces températures et endiguer le réchauffement de la planète. Urgence climatique : organisation collective !