Présomption de légitime assassinat

Le mardi 7 juillet, l’Assemblée nationale, à une très large majorité (313 votes pour, 199 contre) a adopté le projet de loi de légitime usage des armes à feu par les policiers et les gendarmes. Cette loi détruit les maigres barrières juridiques à l’extension de la violence policière, permettant à la police de tuer sans être inquiétée. Face à ce recul immense, l’Union communiste libertaire appelle à rejoindre toutes les initiatives à même de construire un large front de résistance à la violence d’Etat.
Ce projet de loi, point historique du programme de Jean-Marie Le Pen, porté par les députés LR lors de leur niche parlementaire, a été repris à leur compte par les macronistes. S’il va au bout de son chemin législatif, il prévoit que dorénavant toutes les « forces de l’ordre » auront le droit de tirer sans être inquiétées par une enquête. Il s’agit là ni plus ni moins d’un permis de tuer donné à la police. On pourrait se dire, au vu du nombre de morts causées par le bras armé de l’État, que la justice n’a jamais été une véritable protection face aux exactions policière. Mais à présent, la charge de la preuve se renverse totalement : il ne reviendra plus à la police de démontrer la situation de « légitime défense », mais à la victime de démontrer qu’elle n’avait rien fait de mal, chose peu aisée lorsque l’on est éborgné⸱e sur son lit d’hôpital ou six pied sous terre avec une balle dans le dos. La présomption de légitime défense entérine une situation déjà trop fréquente dans les tribunaux comme dans le commentaire politique et médiatique sur les crimes policiers : c’est à la victime de démontrer qu’elle était innocente et qu’elle n’a pas commis de délit, et non aux agent⸱es de l’État de rendre compte de leur propre violence.
La gauche réformiste a essayé de s’opposer à ce texte par une montagne d’amendements et de rappels au règlement constants. Néanmoins, comme toujours, l’Assemblée nationale ne nous protège pas, elle ne peut pas être un contre-pouvoir, et l’exécutif peut toujours trouver un artifice législatif pour passer en force. A nouveau, une intervention du gouvernement par le biais de l’article 44.2 à permis d’enclencher un vote bloqué, c’est à dire de supprimer purement et simplement les amendements de la gauche. Malgré l’indignation et la protestation des député·es, le gouvernement a muselé le vote et l’alliance des réactionnaires de tous bords (RN, LR, renaissance) a permis à la police de tirer sur notre classe en toute tranquillité. Le tout sous les yeux des familles des victimes de victimes des balles de la police, présentes dans l’hémicycle. Nous joignons notre voix aux leurs : pas de justice, pas de paix.
La police tue, mais pas tout le monde. Elle tue les personnes racisées, les habitant et habitantes des quartiers populaires, les sans papiers, les militant·es écologistes ou antifascistes : elle tue les classes populaires car elle sait le danger qu’elles représentent pour l’État et le capital. Elle nous tue, mais nous ne nous laisserons pas faire. Nous l’avons encore constaté hier, la démocratie bourgeoise ne peut rien pour nous, seules nos luttes, notre solidarité et notre organisation à la base peuvent nous sauver.
L’Union communiste libertaire dénonce le projet de loi visant à instaurer une présomptions de légitime défense pour la police, ainsi que toutes les précédentes lois racistes et sécuritaires qui accompagnent la fascisation du pays et n’ont pour fonction que de nous maintenir en joue pour protéger l’État et le capital. Nous revendiquons le désarmement et la dissolution de la police car aucun corps professionnel ne devrait être armé et avoir un pouvoir de vie ou de mort sur les autres. La seule solution est de renverser ce pouvoir et de prendre en main collectivement les questions de justice et de sécurité. Mais d’ici là, nous rappelons : police nationale, milice du capital ! Tant que nous n’aurons pas la justice, vous n’aurez jamais la paix !
Union communiste libertaire, le 10 juillet 2026.
