Tract : Pour une contre-offensive LGBTI !

Depuis la dépénalisation puis la dépsychiatrisation de l’homosexualité dans les années 80, c’est par nos luttes et celles de nos prédécesseur·euses que nous avons conquis de nouveaux droits.
L’accès au mariage en 2013, la modification de la mention de sexe à l’état civil depuis 2016 sans obligation de chirurgie ou encore l’accès à la PMA pour les femmes cisgenres en 2021 n’ont néanmoins pas été obtenus sans opposition. L’année 2012-2013 du mariage pour tous·tes reste gravée dans les mémoires de nos communautés par sa violence. Encore aujourd’hui, la marche en avant pour nos droits semble à l’arrêt. Les attaques réactionnaires et les manques de financements récurrents pour l’application des politiques anti-discriminations rendent ces dernières utopiques, notamment pour les personnes migrantes, les résidentes des néo-colonies dites « d’outre-mer » et des zones rurales.
Face à l’offensive réactionnaire…
Cette situation n’est pas exclusive à la France puisqu’à l’international nous assistons à une offensive contre les droits LGBTI. En 2023, les mères lesbiennes avaient déjà perdu leur droit à la parentalité en Italie. Une loi rendant illégale l’homosexualité a été adoptée au Burkina Faso en septembre 2025 pour la première fois dans l’histoire du pays. La commission européenne a refusé en mai 2026 d’interdire les thérapies de conversion dans l’UE. Au Sénégal également, la loi a été durcie en mars dernier, augmentant les peines de prisons et ouvrant lieu à des rafles dans le pays à l’encontre des personnes LGBTI. En Europe, nos adelphes[1] migrant·es subissent de plus en plus la double-peine du racisme et des LGBTIphobies. Si des progrès ont également lieu, comme l’autorisation du mariage en Thaïlande ou la dépénalisation au Botswana cette année, les violences restent encore quotidiennes en 2026, allant jusqu’à la mort pour celleux[2] parmi nous qui y sont le plus exposé·es. Aux États-Unis, où un risque génocidaire contre les personnes trans a été attesté (et dont témoigne l’annonce en mai 2026 de l’ajout des « activistes trans » à la catégorie terroriste), la situation est particulièrement inquiétante. Pas seulement localement où le Parti Républicain a fait de la transphobie un tremplin stratégique pour construire un « ennemi intérieur » et contrôler les corps ; mais dans l’ensemble d’un monde capitaliste où la politique états-unienne est érigée en modèle et sert d’exemple à tous les partis d’extrême droite, y compris le RN en France. Et pour les soutenir : des milliardaires comme Vincent Bolloré et Pierre-Edouard Stérin bien décidés à nous criminaliser dans le débat public à travers les médias et structures culturelles qu’ils contrôlent.
…organiser la contre-offensive
Face à ce constat sombre, une évidence s’impose : la solidarité et la lutte contre l’extrême droite sont des nécessités vitales. Nos milieux ont toujours été des espaces antifascistes et doivent le rester. Non seulement pour défendre nos droits mais aussi pour en conquérir de nouveaux : un meilleur accès à la santé, une simplification et dépsychiatrisation des parcours de transition, un accès à la PMA pour les personnes trans, la fin des discriminations au travail et au logement, la fin du fichage lors des demandes de changement d’état civil, l’application réelle du programme EVARS (Education à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle) dans tous les établissements scolaires… mais encore d’autres modèles d’amour, de genre, de vieillesse, de famille et de société à substituer au modèle patriarcal.
Face aux oppressions, les marches de fiertés sont autant un lieu d’espoir et de joie que de résistance. La multiplication des prides, notamment en ruralité, est une preuve vivante de la force de notre nombre et marque notre détermination à combattre les violences réactionnaires. Il est important que ces prides restent politiques et antifascistes. Nous ne marchons pas seulement pour nous rassembler, nous marchons pour renverser un système qui nous opprime et accélère ses alliances pour effacer nos droits. Nos fiertés n’ont ni frontières ni œillères : manifestons pour une solidarité LGBTI antifasciste internationale.
Face à la menace fasciste, en tout temps, en tous lieux : Union, Action, Autogestion !
Union communiste libertaire, le 08/06/2026.
[1] Terme neutre équivalent de « frères » ou « sœurs »
[2] Terme neutre équivalent de « celles et ceux »
