Attentat islamophobe à Trappes : Quand l’extrême droite et le gouvernement déclarent la guerre civilisationnelle, ses soldats répondent à l’appel

Ce vendredi 23 octobre dans les Yvelines, un homme a ouvert le feu sur une station-service, une maison de santé ainsi qu’une aire de jeu. Un homme, Pengo Bossio Wangi, est mort, un autre grièvement blessé, et une enfant âgée de 12 ans a été touchée à de multiples reprises par des balles. Tous les éléments s’accordent à dire qu’il s’agit d’une attaque à motivation négrophobe et islamophobe. L’Union communiste libertaire apporte son soutien aux victimes, à leurs familles, à leurs proches.

Ce meurtre raciste fait suite à ceux d’Aboubakar Cissé, Hichem Miraoui, Djamel Bendjaballah, Mahamadou Cissé, Federico Martín Aramburú, Angela Rostas, Mîr Perwer, Abdulrahman Kizil, Emine Kara, et bien d’autres avant cela.

Ces noms ne sont pas des faits divers isolés. Ils sont le produit d’un contexte : celui d’une France qui reproduit le racisme colonial à l’encontre des musulman·es, et celui de discours politiques et médiatiques désignant les populations arabes et musulmanes comme des menaces. Tout cela contribue à banaliser les discriminations, à légitimer les violences islamophobes et à entretenir un climat qui se traduit par des violences meurtrières. Toutes celles et ceux qui ont fait passer Trappes pour une « République islamique miniature, capitale du djihad », comme le faisait Bardella en 2022, ou qui ont scandé « à bas le voile », comme Bruno Retailleau, portent une part de responsabilité dans ce meurtre.

Cet attentat advient dans un contexte particulier. Depuis plusieurs semaines, un mouvement social de grande ampleur se développe depuis la jeunesse. Partant notamment des quartiers populaires, les revendications touchant à l’école côtoient une contestation plus globale du système et notamment du racisme : contre les violences policières – alors que le meurtre de Nahel Merzouk il y a 3 ans n’a toujours pas obtenu justice – contre la sélection dans l’accès aux études, contre le délabrement des services publics dans les quartiers populaires, etc.

Mêlant cette contestation à une colère contre la vie chère, le 17 octobre dernier a vu exploser une contestation populaire massive. Celle-ci, prenant à certains endroit la forme de casse de vitrines ou d’appropriation des marchandises dans les magasins des beaux quartiers, a très vite été instrumentalisée par une lecture raciste de la part de l’extrême droite, mais aussi du gouvernement lui-même. Dans plusieurs villes, des groupes d’extrême droite se sont organisés ce week-end en milices pour « protéger nos commerçants ». Les comptes d’extrême droite français et étrangers sur les réseaux sociaux dénoncent déjà comme à leur habitude une « guerre de civilisation » en cours, et les groupes néo-nazis défilent dans les rues de Lyon – lors d’un couvre-feu – Nice ou Rouen avec l’assentiment complice des préfectures.

C’est donc dans ce contexte qu’à Trappes, un nouveau soldat armé de cette « guerre de civilisation » sort du bois pour réaffirmer l’ordre racial.

Dans ce climat, les médias franchissent un pas supplémentaire en présentant déjà cet attentat raciste et islamophobe comme un acte de « vengeance » en réaction au 17 octobre. Ce choix de vocabulaire n’est pas anodin. Il prépare déjà la justification de ces actes, et de violences futures commises par d’autres fanatiques.

Le combat contre l’islamophobie doit être, plus que jamais, au centre de toutes les politiques d’émancipation, tant celle-ci joue un rôle de pierre angulaire dans la fascisation du pays. Face à la violence raciste, la solidarité est la seule option.

Contre l’islamophobie : riposte populaire !

Union Communiste Libertaire, le 27 octobre 2026