Après le 17 octobre : continuons à construire le rapport de force, partout et sans trêve!

Au lendemain d’une journée d’action inédite par son intensité et son ampleur, l’Union communiste libertaire appelle à la solidarité avec les nombreux· ses inculpé·es et blessé·es et à continuer partout à construire le rapport de force avec l’État.

Le 17 octobre a été une journée de force et de colère populaires, mobilisant de larges pans de la jeunesse lycéenne et étudiante, dont la jeunesse des quartiers populaire, ainsi que des travailleurs et travailleuses. Nous avons su nous rappeler l’une de nos forces : celle de déborder l’État. Cette convergence ne doit pas être vue comme un phénomène anecdotique : elle est le signe d’une classe sociale qui commence à prendre conscience à large échelle de ses intérêts communs, après des décénnies de concentration extrême des richesses dans les mains de quelques-uns.

Le gouvernement, dépassé, ne sait plus quoi jouer pour diviser le mouvement social en cours, entre les bon·nes manifestant·es pacifistes et les mauvais·es casseur·euses et pilleur·euses. Nous refusons la division et prônons la diversité des tactiques ; notre solidarité va aux victimes de la répression et de la violence d’État. Alors qu’un manifestant est mort à Paris, nous rejetons avec force l’injonction indécente à « condamner les violences » du mouvement social. La société de précarité, de racisme et de guerre que le gouvernement a forgé avec la bourgeoisie ne peut que semer la misère et générer la colère. Les grandes inégalités sociales poussent à la socialisation directe de marchandises qui sont toujours plus inaccessibles. Nous n’aurons que ce que nous prendrons.

Pour gagner : construire la grève générale

Pour l’instant, le mouvement se limite à des appels suivis par des individu·es plus ou moins organisé·es agissant côte à côte, mais pas encore ensemble. Il ne se construit pas dans un élan collectif, par des assemblées de bases susceptibles de développer la lutte dans toutes les strates de l’appareil productif.

Bien que cette stratégie ait permis un dynamisme au mouvement social, elle ne suffira pas seule à remettre en cause le modèle économique et politique actuel. Maintenant que la colère s’exprime, nous devons passer à l’étape suivante. Nous avons besoin d’un mouvement de grève avec occupation de nos lieux de travail et d’études qui permettra une profonde convergence, et l’augmentation massive du rapport de force en notre faveur. C’est le meilleur moyen pour construire d’abord une victoire sociale, et ensuite un nouveau type de pouvoir, le pouvoir populaire, venu d’en bas, contre l’État et le capital.

L’appel à la grève le 5 novembre offre, après les vacances scolaires, une proposition à saisir largement pour (re)démarrer un réel mouvement général :

– la relance des blocages des lycées ;

– le lancement d’assemblées générales réellement démocratiques dans les facs, de leur occupation et de leur ouverture là où Parcoursup ne fait que les fermer depuis des années ;

– la grève reconductible et le blocage de l’économie, à construire secteur par secteur, dans des assemblées à la base.

Tous les secteurs qui le peuvent doivent lancer la grève sans attendre la convergence de la rentrée scolaire !

Étendre partout la mobilisation

D’ici au 5 novembre, il nous faut continuer à occuper le terrain partout où nous le pouvons, par exemple, lors d’une convergence le 24 octobre à Orléans contre le Congrès du RN, parti d’extrême droite qui demande déjà des punitions exemplaires contre le mouvement social. Si celui-ci arrivait au pouvoir, nous savons quel projet il nourrirait concernant nos luttes et nos droits, avec l’aide des alliances qui le lient à la bourgeoisie capitaliste.

Le succès du 17 octobre ne doit pas acter l’évolution d’un mouvement de blocages dans la jeunesse vers un mouvement de manifestations plus ou moins émeutières les week-end, d’autant que la répression d’Etat va être encore plus féroce. Nous devons faire de cette date un tremplin vers l’extension des luttes dans tous les domaines, sur nos lieux d’études, de travail ou de vie. C’est par la grève, les blocages et la mobilisation populaire que nous reprendrons ce qui nous est dû, et que nous renverserons les systèmes qui nous oppriment.

Solidarité avec tou·tes nos camarades inculpé·es !

Construisons partout nos contre-pouvoirs populaires !

Union communiste libertaire, le 18 octobre 2026